L’HOMME À TÊTE DE CHOU # Pièce pour 12 danseurs

Pièce pour 12 danseurs

En 2009, Alain Bashung devait être sur scène avec ses musiciens, parmi les danseurs, pour la création de l’Homme à tête de chou. Quelques mois auparavant, pour permettre à Jean-Claude Gallotta de préparer son spectacle, il avait enregistré l’album de Gainsbourg en studio. Mais la maladie ne lui a pas laissé le temps d’aller plus loin. Il a demandé alors que l’aventure se poursuive sans lui, laissant vide la chaise qu’il devait occuper sur la scène. Une décennie plus tard, autour de cette même chaise, la danse cherche à partager son souffle. Son absence en héritage. C.-H.B.

L’histoire
“J’ai croisé l’Homme à tête de chou à la vitrine d’une galerie d’art contemporain. Sous hypnose, j’ai poussé la porte, payé cash, et l’ai fait livrer à mon domicile. Au début, il m’a fait la gueule, ensuite il s’est dégelé et a raconté son histoire. Journaliste à scandales tombé amoureux d’une petite shampouineuse assez chou pour le tromper avec des rockers, il la tue à coups d’extincteur, sombre peu à peu dans la folie et perd la tête qui devient chou”. Serge Gainsbourg

Le spectacle
À la façon des films noirs américains, l’histoire est construite en un long flash back. Mi- homme mi-légume « l’Homme à tête de chou » revit l’histoire tragique de son amour fatal pour Marilou qui l’aura conduit à la folie et au crime. Sur un plateau nu, Jean-Claude Gallotta met en scène cette histoire en différents tableaux chorégraphiques interprétés par une troupe de 12 danseurs. Les chansons de Serge Gainsbourg sont chantées sur bande par Alain Bashung avec de nouvelles orchestrations et des musiques additionnelles de Denis Clavaizolle.

 

Une danse, violente et bourrée d’amour, douloureuse parfois, sex-symboliquement pas très correcte, et qui marche au seul carburant qui vaille : le désir ; des mots, de Gainsbourg, joueurs, virtuoses, érotisés, voire lubriques, dont chaque syllabe pénètre délicieusement oreilles et sens ; une musique originelle augmentée de clavecins, congas, guitares, trompette, violons et violoncelles, nourrie de Ravel comme de Steve Reich, des Doors comme de Debussy ; une voix, enfin, celle de Bashung, chaude, profonde, poignante, voire déchirante, si présente.

Dans la lumière d’une nuit de lune narquoise, forcément bleu pétrole, l’Homme à tête de chou ne raconte pas seulement la vie tumultueuse de la petite garce Marilou, insaisissable shampouineuse qu’un homme « aveuglé par sa beauté païenne » fera disparaître sous la mousse. Le spectacle raconte aussi une autre histoire, belle, de compagnonnages et de complicités artistiques, de Bashung avec Gainsbourg, de Gallotta avec Bashung, qui aura résisté aux forces (à la farce) de la mort. Et sur scène, c’est dit sans barouf. Des corps sans décor hormis le fauteuil à roulettes que l’absent Bashung n’occupera plus. Besoin de rien d’autre. De rien d’autre que des diagonales vertigineuses, des courses frénétiques, des pas glissés, une gestuelle ample des bras, la puissance et la dextérité des mouvements d’ensemble. « C’est beau à tomber, écrit le journaliste Patrice Demailly. Danseurs sublimes, sidérants, affolants, dotés d’une énergie dévastatrice ».

En douze tableaux, les douze interprètes, comme on distille un parfum, rendent un hommage flamboyant et noir, tragique et enivrant à la vie. Désespérés et insolents, inconsolables et fringants, Serge Gainsbourg et Alain Bashung offrent chaque soir en cadeau, sur la scène, « leur absence en héritage ».

C.-H.B.

Distribution
chorégraphie Jean-Claude Gallotta
paroles et musiques originales Serge Gainsbourg
version enregistrée (*) pour ce spectacle par Alain Bashung
orchestrations, musiques additionnelles, coréalisation Denis Clavaizolle
assistante à la chorégraphie Mathilde Altaraz
dramaturgie Claude-Henri Buffard
mixage et coréalisation Jean Lamoot
costumes Marion Mercier assistée d’Anne Jonathan et Jacques Schiotto
avec 12 danseurs : Axelle André, Naïs Arlaud, Paul Upali Gouëllo, Ibrahim Guétissi, Georgia Ives, Bernardita Moya Alcalde, Fuxi Li, Lilou Niang, Clara Protar, Jérémy Silvetti, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger
(*) musiciens Denis Clavaizolle (claviers, orgues, pianos, programmations, guitares électriques, basses, violas), Frédérique Havet (guitare acoustique), Pierre-Valérie Lobé et Mamadou Koné dit Prince (percussions), Erik Truffaz (trompettes), Aurélie Chenille (violons), Guillaume Bongiraud (violoncelles), Morgane Imbeaud (chœurs), Yann Clavaizolle (batteries)
remerciements à Chloé Mons, Yves Queyrol, Gérard Michel avec l’aimable autorisation de Melody Nelson Publishing et de Barclay, un label Universal

Recréation Avril 2019, Le Printemps de Bourges – Crédit Mutuel (création 12 novembre 2009 à la MC2 : Grenoble)
production Groupe Émile Dubois / Cie Jean-Claude Gallotta
coproduction Le Printemps de Bourges – Crédit Mutuel, Maison de la Culture de Bourges / Scène Nationale, Théâtre du Rond-Point, CPM – Jean-Marc Ghanassia
avec le soutien de La MC2 : Grenoble
Crédits photos Sophie Martel
Dates à venir

 

Dates passées
  • Les 16 et 17 avril 2019 Festival Printemps de Bourges
  • Du 17 au 29 septembre 2019 / Paris / Théâtre du Rond-Point
  • Le 15 octobre 2019 / Vesoul / Théâtre Edwige Feuillère
  • Le 19 octobre 2019 / Calais / Le Channel, scène nationale
  • Le 7 novembre 2019 / Martigues / Les Salins, scène nationale
  • Du 17 au 19 décembre 2019 [ MC2: – Grenoble ]
  • Le 14 janvier 2020 [ Théâtre Liberté – Toulon ]
  • Le 17 janvier 2020 [ Le Tangram, scène nationale – Evreux ]
  • Le 30 janvier 2020 [ Le Reflet – Vevey (Suisse) ]
  • Du 11 au 14 février 2020 [ Maison de la Danse – Lyon ]
  • Le 3 mars 2020 [ Théâtre d’Esch – Esch-sur-Alzette (Luxembourg) ]
  • Le 6 mars 2020 [ La Coopérative de mai – Clermont-Ferrand ]